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LES NOUVELLES LOCALES

L'arrondissement

543, chemin de la Côte-Sainte-Catherine
Montréal (Québec) H2V 4R2

XVIIe siècle

En 1663, les messieurs de Saint-Sulpice deviennent seigneurs de l'île de Montréal. Désirant accroître l'exploitation rurale de leur fief, ils le subdivisent selon un système de rangs, en terres longues et minces. Le 9 novembre 1694, Doiller de Casson cède six terres sur le versant nord du mont Royal aux familles Tessier, Gervais et Prud'homme. Cet octroi, importante partie du territoire actuel d'Outremont, prend le nom de Côte-Sainte-Catherine.

Éloignés de Ville-Marie, les habitants de la Côte-Sainte-Catherine doivent moudre leur blé au moulin des seigneurs de la Côte Notre-Dame-des-Neiges. Pendant près de 200 ans, ils doivent se rendre à l'église de la paroisse Notre-Dame pour célébrer mariages et baptêmes. Un tel éloignement favorisera le développement de particularismes et l'autonomie du petit hameau.

XVIIIe siècle

Après la Conquête, la Côte-Sainte-Catherine accueille un nombre croissant de citoyens aisés d'origine britannique tels John Gray, premier président de la Banque de Montréal, et John Boston, conseiller de la reine. À l'exception de la terre de Pierre Beaubien, médecin à l'Hôtel-Dieu de Montréal, les fermes, aux mains des colons français jusqu'en 1778, changent de propriétaires et, en 1825, 59 % des citoyens sont anglophones. En 1880, cette proportion monte à 80 %, pour retomber à 45 % en 1925. Il faudra attendre cette année-là pour que soit élu le premier conseil municipal à majorité canadienne française et jusqu'en 1967 pour que les procès-verbaux soient en français.

Les Britanniques ont laissé en héritage à Outremont un cimetière reconnu pour sa beauté, des parcs et des bâtiments remarquables. Influencés par les mouvements urbanistes britanniques et américains d'avant-garde, ils édictent également les premiers règlements visant la plantation et la protection des arbres (1879) ainsi que le contrôle de la qualité des constructions (1904).

 

XIXe siècle

Depuis 1845, les villages de l'île de Montréal sont réunis selon des ensembles administratifs. Ainsi, la Côte-Sainte-Catherine est unie durant neuf ans à la Côte Notre-Dame-des-Neiges et, après 1855, relève d'un conseil siégeant à St-Henri. Ce type d'encadrement politique déplaît aux « petites patries » habituées à se gérer seules, et plusieurs d'entre elles réclament la reconnaissance de leur personnalité civile. C'est dans ce contexte, qu'en 1875, la Côte-Sainte-Catherine prend son envol sous le nom de Municipalité du village d'Outremont puis, en 1895, obtient son statut de municipalité de ville. En 1915, elle prend le nom de Cité d'Outremont.

Le mouvement d'indépendance des municipalités est toutefois enrayé au tournant du siècle lorsque Montréal absorbe une vingtaine d'entre elles, contraintes de troquer leur autonomie contre l'effacement des dettes occasionnées par leur développement urbain. Montréal s'adresse à deux reprises directement à la législature de Québec afin de forcer l'annexion d'Outremont. Appuyé massivement par la population, le maire Joseph Beaubien répond : « Outremont, s'il est nécessaire, se dressera, hommes, femmes et enfants, in a body contre cet outrage! » C'est la petite municipalité qui gagne cette fois-là...

À compter des années 1830, Montréal s'industrialise et s'urbanise à un rythme accéléré. Désirant s'éloigner de l'agitation, la bourgeoisie se réfugie sur les flancs du mont Royal. Malgré les premiers lotissements résidentiels (1850), le village d'Outremont conserve longtemps son charme bucolique, ses terres en friche, ses vergers fleuris. T.J. Gorman, gentleman farmer, exporte ses melons aux États-Unis, le député Louis Beaubien élève ses chevaux, Lorne McDougall pratique des méthodes rotatives de culture. Le village et ses trois auberges attirent les promeneurs du dimanche. Au début du XXe siècle, le bétail, sautant les clôtures, circule librement sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, aux risques et périls des premiers automobilistes! En 1927, un règlement municipal interdit de garder des animaux de basse-cour chez soi. Pourtant, en 1930, le caquètement des poules de monsieur Chartrand, rue Lajoie, dérange monsieur Pratt qui s'en plaint au conseil...

Les Beaubien appartiennent à la Côte-Sainte-Catherine depuis que Pierre, professeur à l'École de médecine et de chirurgie de Montréal, y a acquis une ferme vers le milieu du 19e siècle. (...) Nombreux et solidaires, constitués de membres des professions libérales, de propriétaires terriens importants, d'entrepreneurs, de financiers et d'industriels, les Beaubien forment un clan. Au fil des générations plusieurs s'impliquent à divers niveaux politiques : d'abord Pierre, député réformiste sous l'Union, puis Louis, député et président de l'Assemblée législative provinciale, et enfin, Joseph. Échevin en 1889, maire de 1910 jusqu'à sa mort en 1949, à l'âge de 84 ans, ce dernier marquera plus que tout autre le développement urbain d'Outremont.

À mesure qu'Outremont se francise, le culte catholique y croit en importance. En 1887, lorsque les Clercs de Saint-Viateur font l'acquisition de la ferme Bouthillier-McDougall et y installent l'Institution des sourds-muets, la chapelle de l'endroit devient le lieu de culte officieux des fidèles locaux. À l'instigation du Frère Arsène Charest, leur procureur, les Clercs deviennent rapidement les plus grands propriétaires terriens d'Outremont. En 1902, Monseigneur Bruchési leur confie la direction de la nouvelle paroisse Saint-Viateur.

Cinq autres communautés religieuses s'installent ensuite à Outremont et y construisent des bâtiments qui demeurent aujourd'hui parmi les plus majestueux de la ville : les Soeurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie (1889), les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception (1903), les Sœurs Marie-Réparatrice (1911), les Sœurs de Sainte-Croix (1917) et le Frères de Saint-Gabriel (1920).

Le 10 mai 1875, le conseil municipal d'Outremont tient sa première séance. À l'ordre du jour, les voies de communications à Outremont. On décide de construire un trottoir de bois traversant le village, ce qui permettra d'aller chercher plus facilement, chaque semaine, le courrier à Côte-des-Neiges. Les élus s'entendent aussi avec monsieur Whitehouse pour qu'il effectue deux fois par jour, avec sa diligence tirée par quatre chevaux, l'aller-retour jusqu'à la rue Craig. Les travaux publics, comme la construction et l'entretien des routes ou l'installation d'aqueducs, le gaz et l'électricité sont alors entre les mains de particuliers. La Montreal Turnpike Companyexploite le chemin de la Côte-Sainte-Catherine dont elle tire un revenu grâce à des postes de péage qui ralentissent considérablement la circulation. Dès 1893, les « chars » électriques de laPark and Island Company circuleront dans Outremont.

XXe siècle

Avec le XXe siècle, Outremont se développe d'un seul souffle. Au cours des trente premières années du siècle, 2 484 bâtiments y sont érigés et la ville est devenue un vaste chantier. De manière schématique, entre 1900 et 1920, la croissance débute à l'Est pour se poursuivre vers le Nord. Elle effectue ensuite une boucle vers le centre de 1920 à 1930, se dirige vers l'Ouest, puis remonte vers le Sud entre 1930 et 1940.

Cinq architectes marquent particulièrement cette époque : Charles Bernier (46 constructions), Zotique Trudel (67 constructions), Joseph Zéphirin Gauthier (112 réalisations), Jean-Julien Perreault (125 constructions dont le Collège Stanislas, l'école Saint-Germain et 22 conciergeries totalisant 452 unités de logement) et René Charbonneau (128 constructions dont le Théâtre Outremont et 17 conciergeries). Soutenus par certains promoteurs, ces architectes réalisent parfois des segments entiers de rues et de quartiers, ce qui contribue à donner à Outremont son homogénéité, l'équilibre et l'impression de calme qui lui sont propres.

Joseph Beaubien nourrissait pour les arbres un culte presque sacré. L'entrepreneur Boileau, raconte que lorsqu'il construisit sa maison sur Maplewood, le maire Beaubien dans sa désolation de voir disparaître un érable centenaire lui demanda s'il était possible de construire un atrium autour de l'arbre afin de l'épargner. À compter des années 1920, le conseil municipal met sur pied une politique verte marquée par des campagnes d'embellissement et des investissements massifs. Entre 1924 et 1930, alors que le salaire annuel moyen d'un fonctionnaire est d'environ 1000 $, la Ville dépense 5 415 $ pour la plantation d'arbres et 14 456 $ pour leur entretien. Huit parcs sont aménagés au cours des années 1920-1930 sous la responsabilité de l'ingénieur Émile Lacroix, de l'architecte-paysager Aristide Beaugrand-Champagne et de l'horticulteur municipal Thomas Barnes. Les serres municipales cultivent jusqu'à 100 000 plants de fleurs par an que l'on distribue au prix coûtant aux citoyens. Nourrissant un remarquable esprit d'esthétisme et de propreté, le maire Beaubien met même les services municipaux à la disposition des citoyens pour l'entretien de leur pelouse!

Outremont demeure une oasis de paix au cœur du marasme universel : durant le krach économique de 1929 et les deux guerres mondiales, le chômage y demeure plus bas que partout ailleurs. En 1941, la population atteint 30 000 âmes, dont une proportion toujours grandissante de Canadiens-français. C'est dorénavant un signe de promotion sociale que de déménager de l'Est de Montréal vers Outremont, considérée comme le site résidentiel le plus chic de l'île.

Après 1945, les espaces de construction se raréfient à Outremont et la population plafonne. La ville subit dès lors de fortes pressions pour permettre la construction d'immeubles en hauteur afin de densifier son territoire au moment même où une vague de démolition sans précédent s'abat sur Montréal. En 1965, Jean-Claude La Haye, expert en urbanisme, recommande la construction d'un ensemble de tours d'habitation au cœur d'un triangle délimité par l'avenue Laurier, le chemin de la Côte-Sainte-Catherine et Montréal, ainsi que dans l'actuel parc Beaubien. Au nom de la croissance et du progrès et inspiré par le mouvement fonctionnaliste en architecture, même les architectes et les urbanistes sont, à cette époque, peu sensibles à la valeur culturelle des bâtiments existants. Conséquemment, quelques maisons de grande valeur historique ont été détruites. Depuis les années 1970, toutefois, le développement d'une conscience historique plus aiguë favorise la conservation du patrimoine.1

1Tiré de Raconte-moi Outremont et ses trois siècles d'histoire de Monique Deslauriers, publié par la ville d'Outremont en 1995.

XXIe siècle

Le 1er janvier 2002, la ville d'Outremont est fusionnée à la Ville de Montréal. Elle cesse d'exister en tant que municipalité autonome et devient l'un des arrondissements de la nouvelle ville.

 

Source : Ville de Montréal

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